Ménétréol, Mémoires pour Demain

l'eau du canal

Après le creusement du canal (dans sa première version à partir de 1830), les riverains prennent l'habitude d'y puiser leur eau... à cet effet des accès sous forme d'escaliers ont été aménagés.

Il est impossible de localiser précisément ces escaliers, le configuration du canal de l'époque est très différente de celle du canal actuel (gabarit, section des levées...)

plan de Ménétréol , "Carte de la Loire dressée sous la direction de MM. Collignon et Zeiller, ingénieurs en chef des Ponts et Chaussées, dessinée par Auguste Grenier, 1850 et 1851. Ech. 1/2000e."

 

Pour de discutables (et discutées)  raisons de gestion et de protection de l'eau, l'administration du canal souhaite supprimer ces accès, ce qui provoque la réaction du Conseil municipal

« ...La séance ouverte, Mr le Maire attire l’attention du Conseil municipal sur le projet manifesté par l’administration du canal latéral à la Loire de supprimer les trois escaliers qui permettent aux habitants de Ménétréol de puiser de l’eau dans le canal, sous prétexte que les escaliers n’ont pas été l’objet d’une autorisation.

Le Conseil après en avoir délibéré, considérant qu’avant la construction du canal le bourg de Ménétréol en S était longé dans sa partie basse (est) par la Rivière la Vauvise qui alimentait d’eau les habitants de cette importante partie du bourg ;

Que la rivière ayant été reculée et le canal mis à sa place, les escaliers et le droit de puisage nesont qu’une juste compensation donnée aux habitants,

que du reste, si ces escaliers étaient supprimés la partie basse du bourg serait complètement privée d'eau puisque les deux seules fontaines qui alimentent la partie haute sont situées: l'une à 200m, l'autre à 400m des maisons du bas, qu'elles donnent très peu d'eau et que si un incendie venait à se déclarer on serait complètement privés des moyens de l'éteindre.

Par ces motifs, le conseil proteste de toute son énergie contre la suppresssion des dits escaliers et en demande le maintien d'une manière la plus formelle..."

Le conseil  demande même la création de trois escaliers supplémentaires 

"... En outre, comme pendant ces dernières années de nombreuses maisons ont été construites le long du canal au nord et au midi et que les trois escaliers qui existent aujourd'hui ne suffisent plus aux besoins des habitants, lme Conseil demande la création de trois nouveaux escaliers dont: un en amont du pont du canal en face environ de la maison Pouvesle veuve habitée par Planchon boulanger, les deux autres en aval des trois qui existent déjà dans la gare, le premier à 40 m environ du dernier des trois susdits et le deuxiéme au point de biffurcation de la route de Saint Satur avec celle de Sancerre quarier de la Quintaine.

Conseil municipal de Ménétréol 24 août 1862

Le préfet  répond par une proposition qui ne fait pas l’unanimité, la création d’une prise d’eau unique dans le canal pour le village :

le Conseil réagit:

 

«  la séance ouverte, Mr le Maire donne au conseil communication d’un rapport de Mr l’ingénieur en chef et d’une lettre de Mr le Préfet qui engage le dit Conseil à faire une demande à l’administration des Ponts et Chaussées pour obtenir une prise d’eau dans le canal

Le Conseil après mûre réflexion voit dans la disposition des lieux un obstacle insurmontable à ce projet ; en effet cette partie du bourg est très basse, très humide, les eaux du contre fossé du canal sont stagnantes pendant une grande partie de l’année  et lors des crues de la Loire, des maisons sont inondées grâce, il est vrai, aux mauvaises dispositions prises par l’administration du canal et de la négligence qu’elle apporte à l’entretien des fossés et aqueducs. De plus, les terrains séparés du bourg par les maisons le sont encore de la route par le contre fossé du canal et de cette manière sont peu abordables, le conseil se voit donc forcé de rejeter la proposition de l’Ingénieur en chef .

Examinant ensuite le rapport de Mr l'Ingénieur en chef, le Conseil n'admet pas que les escaliers aient été construits pour le service de la navigation mais qu'ils l'ont été pour le service des habitants de Ménétréol, en effet, les bateliers montent dans leurs bateaux et en descendent à tout instant et en tous lieux et des escaliers ne se trouvent  qu'à Herry et à Ménétréol.

Quant à puiser de l'eau pour abreuver les bestiaux, arroser les jardins, il n'en n'est rien; les contrefossés du canal fournissent plus d'eau qu'il n'en faut pour l'arrosage des jardins et les bestiaux vont s'abreuver à la rivière.

Pour ce qui est du lavage des ustensiles de cuisine et des résidus de leur nettoyage, l'adiminstration n'est pas tellement bienveillante et paternelle qu'elle ne sache faire un procès si par hasard ces faits se sont produits; Et depuis plus de 24 ans  que les escaliers existent les fractures prévues par Mr l'Ingénieur en chef ne se sont pas encore produites  et le conseil ne voit pas pourquoi elles ne resteraient encore 24 sans sans se produire. Les seuls immondices  qui peuvent encombrer les écluses, qui sont du reste à une distance de 8 km de Ménétréol, ne peuvent provenir que des feuilles des arbres qui longent le canal et des herbes des rivières qui l'alimentent d'eau.

Le Conseil approuve et maintient les déclarations de Mr le  S Préfet qui constatent l'absence d'eau potable  dans la partie basse de Ménétréol et pour répondre à l'allégation de Mr l'Ingénieuur en chef qui  demande comment les habitants font pendant le chômage du canal, le conseil déclare préférer manquer d'eau pendant un mois que d'en manquer toute l'année.Quant au droit de puisage que se sont réservé les propriétaires riverains, et dont doute Mr L'Ingénieur en chef, plus de vingt anciens de Ménétréol s'offrent de le déclarer sous serment. Il semble au conseil que cette affirmation vaut bien un doute. Qu'y a-t-il du reste d'étonnant que des gens illétrés aient négligé de se faire donner un titre qu'il leur était toujours loisible de se procurer  (car personne ne pouvait prévoir l'incendie des archives) et aient placé leur confiance dans la loyauté de l'administration.

Pour en terminer le Conseil considère comme arbitraire et comme une preuve de mauvais vouloir de certains agents à l'égard des habitants la mesure qui vient de les frapper car il ne voit pas comment  des escaliers peuvent être plus nuisibles  dans la partie surveillée par certains conducteurs que dans celles surveillées par d'autres ou il se construit de nouveaux escaliers.

Puis enfin, comment un état de choses qui existe depuis 24 ans sans inconvenient peut-il tout à coup devenir nuisinble, le Conseil n'y voit que la conséquence d'un mauvais vouloir à l'égard de la commune de Ménétréol...»

 

 

Conseil municipal de Ménétréol 16 janvier 1863

Le Préfet insiste, le Conseil aussi !

" ...La séance ouverte, Mr le Maire donne connaissance au Conseil d'une letrre par laquelle Mr le Préfet engage de nouveau la commune à accepter lea proposition de Mr l'Ingénieur en chef, relative à une prise d'eau dans le canal et appelle le Conseil à prendre une délibération en ce sens.

Le Conseil, après en avoir mûrement délibéré déclare qu'il regrette vivement de ne pouvoir admettre la proposition toute bienveillante de Mr le Préfet, car une prise d'eau ne serait utile qu'à un très petit nombre d'habitants du bourg et que la dépense importante qu'elle nécessiterait ne serait pas en rapport avec les services qu'elle rendrait.

Le conseil maintient la demande d'escaliers, utiles pour tous les habitants du bourg."

 

conseil municipal du 22 avril 1863

Bien sûr, la presse locale s'empare de la polémique... ce qui permet de comprendre que le dossier ne s'est pas refermé si vite !

journal du Cher 30 août 1866

le courrier du Cher 27 octobre 1867

rapportant la séance du 1er septembre 1867 du Conseil Général du Cher, sous la présidence de Mr Du Berthier, conseiller d'état

Malgré l'appui du Conseil Général, on ne sait pas quand et comment s'est terminé ce "bras de fer" ...

Canaliser des sources pour établir des fontaines... c'est une autre histoire !

les pompes

retour à l'accueil

canaliser les sources